La Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) a publié la semaine dernière le second volet de son enquête sur la mise en œuvre des parcours de sortie de la prostitution (PSP). Ce dispositif issu de la loi du 13 avril 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées touche des victimes de traite.
Le parcours de sortie de la prostitution peut être proposé à « toute personne victime de prostitution, de proxénétisme ou de traite des êtres humains aux fins d’exploitation sexuelle qui souhaite accéder à des alternatives et sortir de la prostitution ».
Les associations qui accompagnement les personnes lors du Parcours de Sortie de Prostitution déclarent être très souvent confrontées à des situations de traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle. En 2024, plus de la moitié des personnes qui avaient porté plainte dans le cadre du Parcours de Sortie de Prostitution avaient dénoncé des faits de traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle.
Toutefois, le dépôt de plainte ne concerne qu’un quart des personnes en Parcours de Sortie de Prostitution, et il ne garantit pas la reconnaissance du statut de victime, et l’accès aux droits qui en découle.
Dans le premier volet de l’enquête, publié en avril 2025, la Fédération des Acteurs de la Solidarité mettait en lumière les dysfonctionnements liés à la mise en œuvre hétérogène des commissions départementales de lutte contre la prostitution.
Dans le second volet publié en février 2026, il est question des difficultés rencontrées par les personnes en Parcours de Sortie de Prostitution, et les associations qui les accompagnent, au cours du parcours et à son issue. L’enquête met notamment en avant les conséquences du manque de ressources financières des associations, qui peinent souvent à mettre en œuvre un accompagnement global adapté aux besoins des personnes.
Ainsi, parmi les 93 associations répondantes, 48% déclarent ne pas disposer de moyens financiers suffisants pour assurer un accompagnement global adapté.
L’enquête aborde également la question des difficultés rencontrées par les personnes en Parcours de Sortie de Prostitution pour trouver un hébergement, un logement ou un emploi.
Le statut administratif des personnes exilées intégrant le Parcours de Sortie de Prostitution est apparu comme un enjeu de première importance, à la fois pendant le parcours, du fait de la courte durée de l’APS, et à son issue puisque les personnes rencontrent souvent des difficultés à obtenir un titre de séjour, voire se voient délivrer une Obligation à Quitter le Territoire Français.
Enfin, la Fédération des Acteurs de la Solidarité conclut ce second volet par des recommandations visant à améliorer la mise en œuvre d’un parcours de sortie de la prostitution accessible, et à permettre aux personnes qui l’intègrent d’accéder à leurs droits et à l’autonomie.
La Fédération des Acteurs de la Solidarité - FAS appelle notamment les pouvoirs publics à « renforcer l’offre d’hébergement pour les personnes en situation de prostitution et pour les victimes de traite aux fins d’exploitation sexuelle », ou encore à « allonger la durée de l’Autorisation provisoire de séjour à un an, renouvelable une fois, et non plus six mois, renouvelable trois fois ».