Depuis un an, l’AFJ a mis en place un partenariat avec les autorités colombiennes en France.
Grâce à ce partenariat, les activités suivantes ont pu être mises en place :

Une permanence d’aide sociale de 12h hebdomadaires
effectuée au Consulat par l’AFJ. Cette permanence à pour but de venir en aide à un public précaire et potentiellement victimes de traite.

Une formation du personnel consulaire
destinée à la sensibilisation sur le phénomène de traite et le repérage des situations d’exploitation.

L’élaboration d’un protocole d’identification des victimes de traite
destiné au personnel consulaire, incluant l’évaluation du niveau d’urgence de la situation.

Une astreinte de l’AFJ
afin de permettre une réponse rapide, efficace et appropriée en cas de situation urgente identifiée.

La Colombie engagée depuis plusieurs années dans le combat contre la Traite des êtres humains.
Depuis plusieurs années, la Colombie est un pays de plus en plus touché par la Traite des êtres humains, notamment à des fins d’exploitation sexuelle. Les Colombiennes sont par ailleurs une des nationalités les plus représentée parmi les victimes de TEH identifiées en France. De nombreux projets gouvernementaux et de coopération internationale ont été lancés par divers acteurs colombiens afin de combattre ce phénomène.
Le ministère de l’intérieur Colombien a par exemple développé une « Stratégie institutionnelle pour combattre la traite ». transmises à l’ensemble des Consulats à travers le monde.
En effet, ils sont parmi les premiers à pouvoir identifier et fournir de l’aide aux victimes mais aussi à contacter les autorités locales pour lancer des interventions policières en cas de besoin. Par ailleurs, ils viennent en appui dans l’organisation des retours au pays s’ils sont désirés par les victimes.
Dans une logique d’intervention internationale, l’AFJ a également débuté un travail de collaboration avec les autorités franco-colombiennes à Bogota. Dans ce cadre, l’AFJ a développé un support de sensibilisation à distribuer en amont de départs potentiels vers l’Europe.
L’objectif est que les personnes récupérant leurs documents de voyage puissent autoévaluer leur situation afin de prévenir les situations de traite.
Le support se présente sous la forme d’un marque-page facile à distribuer et à glisser dans les documents ou objets de voyage. Il réunit un ensemble de questions à se poser pour évaluer les risques liés à sa situation :
- Est-ce que l’on m’a fait une promesse d’embauche irréaliste ?
- Est-ce que je sais où je vais et la personne qui me reçoit ?
- Est-ce que j’ai un contact d’urgence ?
- Est-ce que l’on m’a demandé de garder le secret ou de mentir sur ma situation ?
- Qui a payé mon vol ? Est-ce que j’ai contracté des dettes ?...
Le document mentionne également les services de recours à contacter en cas de risque d’exploitation :
- Référents du gouvernement,
- Hotline gratuite et application « Libertad » destinés à la protection des victimes de traite,
- Référents d’une association locale Colombienne partenaire de l’AFJ.
Potentiellement, ce support pourra être adapté et diffusé dans d’autres pays d’Amérique latine comme par exemple le Pérou ou le Paraguay, également concernés par cette problématique.
L'association AFJ
C’est une association comprenant un foyer de mise à l’abri de 14 places et un appartement de 3 places à destination des femmes victimes de traite à des fins d’exploitation sexuelle.
Elle propose un accompagnement global des victimes : mise à disposition d’un hébergement, suivi administratif (ouverture des droits et régularisation administrative), suivi psychologique, actions éducatives d’insertion (apprentissage du français, accompagnement d’insertion professionnelle). Des activités sont proposées aux femmes au sein du foyer.
L’Accompagnement est effectué par une équipe de professionnels et des bénévoles.
Article écrit en collaboration avec Solenne Noga, chargée de mission à l’AFJ