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Traite et Internet

Sur Internet, les frontières disparaissent. Les relations virtuelles deviennent le théâtre de toutes les tromperies pour recruter des personnes vulnérables à des fins de traite. Sur la toile, le temps n’a pas de limite et l’emprise est permanente. Mais bien utilisé par les services de lutte contre la traite, cet outil virtuel peut aussi se retourner contre les exploiteurs.

infographie internet

Utiliser Internet pour lutter contre la traite

Repérer les victimes sur Internet
Un travail de veille sur des sites à risques (Escort girls, offres d’emploi douteuses…) permet de repérer les victimes avérées ou potentielles.
Aujourd’hui, ce travail est surtout mené par la police mais les associations pourraient s’en inspirer pour repérer et accompagner les personnes exploitées.

Se défendre contre les exploiteurs
Bien que les exploiteurs prennent des précautions pour avancer masqués, les relations virtuelles laissent des traces : captures d’écran, conversations enregistrées, géolocalisation, photos, profils...
Elles sont autant de preuves que les victimes peuvent livrer à la police ou aux associations pour se protéger et poursuivre les trafiquants. Cela nécessite de former les personnes vulnérables à ces techniques de défense.

Former les professionnels à la traite sur Internet
La mise en place de formations spécifiques dispensées aux associations, aux magistrats, à la police, permettrait de lutter contre ce phénomène. Ces acteurs devant être capables d’aborder les mécanismes de traite utilisant Internet.

Informer et sensibiliser les victimes potentielles de façon ciblée

  • Des campagnes d’information et de prévention ciblées voient le jour sur les réseaux sociaux dans des espaces reconnus à risques de traite et où se retrouvent des victimes potentielles.
  • Certaines associations vont jusqu’à créer des pages Facebook pour dénoncer des sites de recrutement de victimes.
  • Des applications simples sont mises à disposition des victimes potentielles pour leur indiquer les lieux et les organismes proches où elles pourront trouver de l’aide en cas d’exploitation. Plus ces outils sont simples, ciblés et locaux, plus ils sont efficaces.

L’association KOUTCHA

Contributeur de ce texte, Olivier Peyroux préside l’association Koutcha. Celle-ci a pour objectif de proposer un dispositif d’accueil particulier permettant aux mineurs victimes de traite de se libérer de l’emprise qu’ils subissent ; de bénéficier d’un accompagnement leur permettant de se reconnaître en tant que victime de traite des êtres humains et d’adhérer à un programme pédagogique individualisé, dans le droit commun, leur permettant d’intégrer après un certain temps un dispositif plus classique. Olivier Peyroux est sociologue, spécialisé sur le phénomène de la traite des êtres humains, des mineurs en particulier. Chercheur et engagé sur le terrain, il est l’auteur de plusieurs publications sur le sujet.


Crédits photo : iStock Photo

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