En France, en 2019,
près d'1 enfant
défavorisé sur 2 est en difficulté scolaire.

La pauvreté est toujours injuste.
Surtout lorsqu’un enfant en souffre.

La réussite scolaire est un enjeu
dans la lutte contre la pauvreté !
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Une action concrète et immédiate

Depuis 70 ans, le Secours Catholique plaide pour que les enfants d’origines
défavorisées aient accès au savoir et à la culture.
Chaque jour, nos bénévoles les
accompagnent face à leurs difficultés.

Que ce soit du soutien scolaire régulier, l’apprentissage du français ou un premier pas
vers les musées, les livres, les activités artistiques... nous nous mobilisons pour que ces
enfants, déjà fragilisés par la vie, acquièrent de bonnes bases et aient les mêmes
chances que tout enfant de s’accomplir dans leur vie.

5 000 enfants accompagnés
3 873 bénévoles

Mettre fin à cette injustice, c'est possible

Retrouver l’envie d’apprendre et de découvrir est la plus belle récompense pour nos bénévoles.
Avec eux, des milliers d’enfants ont retrouvé le sourire et leurs parents aussi. Ils partagent leur expérience.

Hugo, accompagné pendant 7 ans par Dominique

On ne se rend pas forcément compte, sur le moment. Mais avec un peu de recul, je mesure que cet accompagnement a été une chance pour plus tard.

Françoise Levoir, bénévole

Le jeu réintroduit le plaisir. Or, là où l’on éprouve du plaisir, on peut réussir. […] Il motive, facilite la concentration et la mémorisation, il change le rapport au savoir et rend l’enfant actif et impliqué.

Pauline, bénévole

J’ai pris beaucoup de plaisir à l’école. J’ai envie que d’autres ne ratent pas cela.

Annie, bénévole à Saint-Médard-en-Jalles depuis 10 ans

Il ne s’agit pas juste de faire les devoirs, c’est aussi avoir un contact. C’est enrichissant pour les familles, souvent défavorisées.

Yvette, maman de Florian

Il était bloqué par la lecture. Maintenant, ça se débloque, ça va. Tout au long de l’année il fait des progrès.

Éducation : un duo gagnant

Témoignage

Hugo, 18 ans, a décroché son bac pro en juillet dernier et prépare désormais un BTS technico-commercial, à Épinal. Dominique, bénévole au Secours Catholique, l’a accompagné pendant sept ans. Rencontre avec un duo gagnant.

Dominique, son truc, c’est les maths. Alors pour les grands discours ou le badinage, il faudra repasser. Avec Hugo, ils se sont plutôt bien trouvés. Entre eux, pas de risque d’effusions, mais beaucoup de respect.

Grand brun sportif aux yeux clairs, de nature réservée et un brin nonchalant, le jeune majeur donne poliment du « Monsieur Bauman » au bénévole du Secours Catholique qui l’a accompagné pendant sept ans.

Ils ne s’étaient pas revus depuis qu’Hugo a franchi une première étape dans sa vie de jeune adulte. En juillet dernier, il a obtenu son bac pro gestion – administration avec la mention assez bien.

« Hugo m’a appelé très vite pour m’annoncer la bonne nouvelle, raconte Dominique. Il était très content évidemment… et avec mention en plus ! »

Le jeune homme l’avait contacté deux jours avant les épreuves, un peu paniqué. « Il n’avait pas pigé certains trucs, se souvient Dominique. Je me suis dit qu’il était mal parti ! »

Mais le candidat a assuré la moyenne en maths, et un peu plus dans presque toutes les autres matières. « Quand j’ai dit à mère que j’aurais une mention, elle m’a répondu : aie déjà le bac, ce sera bien ! », se réjouit Hugo.

Bénévole depuis dix-huit ans dans l’équipe d’Épinal qui accompagne une soixantaine d’enfants et ados chaque année, Dominique a rencontré Hugo alors que ce dernier entrait en sixième.

C’est sa mère, Nathalie, qui, sur les conseils d’une connaissance, a demandé de l’aide au Secours Catholique. Séparée du père du garçon depuis les 2 ans de celui-ci, elle devait assurer seule le suivi de sa scolarité.

« Hugo allait déjà chez l’orthophoniste. Il avait beaucoup de difficultés de compréhension et d’attention, se souvient-elle. Quand j’essayais de lui faire réviser ses leçons d’histoire, c’était catastrophique ».

Ces séances laborieuses ont marqué Hugo. « Je me cachais sous la table, je n’étais pas attentif. Ça durait deux heures au lieu de dix minutes. C’était la bataille. »

Une vie professionnelle avec des hauts et des bas, une grave dépression qui a récemment abouti à une reconnaissance d’invalidité… la mère d’Hugo, bien que très investie auprès de son fils, avait besoin d’un soutien.

Ancien cadre dans l’industrie, Dominique a apporté à l’adolescent une aide en maths et dans les matières techniques, à raison d’une heure chaque semaine, à domicile.

« Avec Dominique, ça a tout de suite collé, se souvient Nathalie. Pendant l’heure où il était là, le gamin restait concentré. Avoir un professeur pour lui tout seul, ça lui plaisait. »

Au début, Hugo levait le doigt pour répondre, comme en classe. « C’était pas un pote, c’était sérieux, je l’écoutais, raconte le jeune homme. Avec lui, ça rentrait mieux. Ça m’a permis, chaque année, d’accrocher la moyenne. Comme j’étais dissipé en classe, ça compensait. »

UNE PERSONNE " EN PLUS "

Entre le jeune homme et le bénévole, la relation n’est pas démonstrative. Mais le lien est là. Tous les deux s’animent à l’évocation de la magie, la passion d’Hugo, quand il était collégien.

« Avant de commencer la séance de travail, il aimait bien me faire quelques tours de cartes », se souvient Dominique. Hugo l’a même invité à une démonstration qu’il donnait avec son club

Le bénévole est aussi venu dîner à la maison. Une personne " en plus " autour du couple mère-fils. « C’était important qu’Hugo aie de temps en temps une présence masculine à la maison », relève la maman.

Avec Dominique, le garçon prend aussi l’habitude de discuter de son avenir. « Je lui ai conseillé de se diriger vers un BTS commercial, explique le bénévole. Dans la vente, il y aura toujours de l’emploi ».

Le lycéen a même effectué un stage de trois semaines dans son entreprise. « J’ai découvert qu’il avait de grandes qualités relationnelles. Mes collègues l’ont beaucoup apprécié ».

En BTS, Hugo s’accroche. S’il réussit, pourquoi ne pas continuer en licence ? La vente dans la mode ou les nouvelles technologies l’intéresse. Sinon, il passera peut-être le concours de la gendarmerie, car il aime le sport.

« On ne se rend pas forcément compte, sur le moment. Mais avec un peu de recul, je mesure que cet accompagnement a été une chance pour plus tard », reconnaît Hugo. Le jeune homme prend petit à petit son envol. Il a délaissé sa console de jeux, sort davantage avec ses amis.

« Dans la réussite d’Hugo, j’ai été le coup de pouce, conclut humblement Dominique. Il a progressivement gagné en maturité. C’est ça, le but : que les jeunes que l’on accompagne puissent, un jour, se passer de nous ».

Clarisse Briot
Crédits photos : ©Christophe Hargoues /Secours Catholique

Accompagnement scolaire : l’esprit collectif

Reportage

Chaque année, des milliers d’enfants et d’adolescents sont accompagnés dans leur scolarité par des bénévoles du Secours Catholique. Un accompagnement global, ouvert sur la vie des familles. À Guyancourt, en région parisienne, esprit collectif et ambiance familiale font, tous les mercredis, la recette du succès.

Le Pont du Routoir, à Guyancourt, dans les Yvelines. Le Secours Catholique est implanté place du marché, au cœur de ce quartier constitué en grande partie de logements sociaux, longtemps isolé et aujourd’hui « en évolution », selon la formule de la municipalité. De fait, des commerces ont essaimé sur la place fraichement relookée.

Devant le local, un carré de verdure s’épanouit, agrémenté de bacs collectifs où poussent herbes aromatiques et fraisiers. À l’intérieur, Anne-France, « Pascaloune », Catherine et Annie boivent le café après avoir partagé le déjeuner, bientôt rejointes par d’autres bénévoles.

Il en est ainsi tous les mercredis, avant que, par vagues successives, la trentaine d’enfants et ados ne pointent le bout de leur nez.

À 14 heures, les premiers arrivent, sacs au dos, casquettes colorées sur la tête et sourires aux lèvres. Ils cochent leur prénom sur la feuille de présence. Puis, de façon fluide et naturelle, les binômes de travail se forment.

Alimatou s’installe à côté de Marie-Amélie, ingénieure. Toutes les deux s’attaquent à la division. « Ne panique pas ! », conseille la bénévole, avant de commenter : « Il faut démystifier les maths. Ce qui bloque Alimatou, comme beaucoup d’autres, c’est son manque de confiance en elle ».

À la table d’à côté, Inès, en CP, s’exerce à la lecture avec Blandine. Une maladie a tenu la petite fille de 8 ans à l’écart de l’école pendant de longs mois. Elle s’applique à rattraper le temps perdu.

BINÔMES

À un troisième pupitre, Sata, la langue bien pendue pour ses 8 ans et demi, révise le futur avec Françoise. « C’est moi qui vais travailler maintenant », propose la bénévole en énonçant une phrase que Sata est invitée à corriger. « Oui, mais tu es plus intelligente que moi ! », rétorque cette dernière.

Dans un box, Pauline, étudiante en prépa, épaule Bakou dans un exercice sur les anglicismes. « J’ai pris beaucoup de plaisir à l’école, confie la jeune volontaire. J’ai envie que d’autres ne ratent pas cela ».

C’est une caractéristique de l’accompagnement scolaire « made in » Guyancourt, à la fois individuel et mené en équipe : chaque semaine, les binômes adulte – enfant changent, afin d’éviter une relation trop exclusive, la continuité de l’accompagnement étant assuré par des fiches de liaison.

« C’est bien pour apprendre à se connaître, estime Élise, 9 ans, lunettes sur le nez et voix fluette, qui planche sur les nombres décimaux avec Odile. Et les méthodes d’apprentissage changent ».

« Nous mutualisons ainsi nos compétences, qui sont aussi diverses que nos parcours professionnels, et cela permet de faire comprendre à l’enfant qu’il travaille pour son propre épanouissement, et pas seulement pour faire plaisir à l’adulte qui le suit », ajoute Annie.

Après une première heure studieuse, cette ancienne infirmière en psychiatrie, artiste à ses heures, anime un atelier dessin et pliage. Pendant ce temps, une autre activité créative prend ses quartiers à l’extérieur : la confection de « comètes » à lancer, pour la grande journée à la mer organisée à la fin de l’année.

Alors que les plus petits jouent ou bricolent, d’autres – et notamment les collégiens et les lycéens - bûchent. Dans un box, Mamadou, en 1ère ES, prépare l’oral du bac de français avec Françoise, ex professeure de lycée.

« Elle m’aide à m’organiser. C’est elle qui m’a donné l’idée de faire des fiches », explique l’adolescent, à l’écriture très soignée. Puis c’est au tour de Léa et Naïma de débriefer les écrits. Les deux copines craignent le hors sujet. Françoise tente de les rassurer en décryptant les méthodes de notation de enseignants.

Libérée des cours, Faith, en classe de seconde, vient saluer l’équipe. Elle feuillette l’album photos de l’année écoulée et s’arrête sur celle d’une sortie collective à un match du PSG : mémorable !

La jeune fille fréquente l’accompagnement scolaire depuis qu’elle est en CE2. « Quand j’ai des contrôles, réviser les notions ici me donne de la confiance », explique-t-elle.

Les bénévoles apprécient d’accompagner les jeunes dans la durée, et de les voir ainsi mûrir et progresser année après année. « Nous avons notre premier candidat au bac cette année, se félicite Dominique, un des rares hommes de l’équipe. Ce serait une fierté pour tous qu’il décroche son diplôme ! Il est sérieux, ça devrait passer. ».

La fin de journée approche. Samira, une maman, vient chercher Inès et Ryan, qui sautent à la corde tendue par Dominique et François, et ne sont guère pressés de rentrer chez eux.

« Ils font des sorties, des activités ensemble, c’est bien ! », se félicite-t-elle. Cet été, toute la famille, qui a traversé une période compliquée, partira une semaine en vacances avec l’appui du Secours Catholique.

« Je vois que ma fille comprend mieux certaines choses en tête à tête avec un adulte que dans sa classe de 30 élèves, témoigne Sohila, une autre mère. Et puis ça me rassure. Comme je suis allée à l’école en Algérie, j’ai peur de ne pas pouvoir suivre correctement la scolarité de mes enfants ».

« Moi, bien sûr, je n’ai pas de difficultés, crâne Wassim, le frère aîné. Venir ici, c’est du bonus ! »

Clarisse Briot
Crédits photos : ©Steven Wassenaar / Secours Catholique

ENTRETIEN AVEC…
Anne France Legait, responsable de l’équipe d’accompagnement scolaire du Secours Catholique de Guyancourt.


« Nous accompagnons les enfants d’abord sur le plan scolaire, car les besoins, dans ce quartier, sont immenses. Après ce temps de soutien scolaire proprement dit, nous proposons aux enfants des activités de jeux, de bricolage, de dessin, qui leur permettent de s’épanouir et de créer. Ils sont fiers de ce qu'ils réalisent et de susciter ainsi l'admiration de leurs parents. Certains révèlent des talents qu'ils ne peuvent pas forcément développer chez eux faute de place ou de matériel.

Pour que tout se passe bien, nous avons écrit ensemble, avec les enfants, deux chartes : l'une avec les primaires et l'autre avec les collégiens. Les jeunes respectent ces règles, ce qui permet à tous, jeunes et bénévoles, d'évoluer dans une atmosphère de confiance et de liberté.

Notre mission est de valoriser l’enfant, de lui redonner confiance en lui et d’épauler les parents dans leur rôle éducatif. Nous appelons ces derniers régulièrement, et, petit à petit, les liens se tissent. Lorsque nous organisons des sorties et des moments festifs, les familles sont invitées. Il y a une vraie adhésion.

S'ils le désirent, nous accompagnons aussi les parents lors des entretiens avec les professeurs. La mission de notre équipe ne consiste donc pas seulement en une aide aux devoirs mais en un accompagnement ouvert sur la vie de l'enfant et de sa famille. C’est une vraie relation d’échange et de confiance. »

Accompagnement scolaire : un large soutien pour les familles

Reportage

Si certains enfants prennent des cours de soutien, d’autres iront cette année aux heures mises en place suite à la réforme des rythmes scolaires. Pour les familles qui n’ont pas accès à ces aides aux devoirs, le Secours Catholique propose un accompagnement scolaire gratuit.

« Quand Alessandro est arrivé à l’accompagnement scolaire, il était très timide, très bloqué, se souvient André, bénévole du Secours Catholique du Val-de-Marne. Et puis, avec une bénévole, il y a eu un déclic. Maintenant, c’est un garçon plus ouvert, plus épanoui. » Des histoires comme celle-ci, le jeune retraité en a plusieurs après deux années à soutenir la scolarité des enfants défavorisés.

Sur toute la France, ils sont près de 5 000 dans le réseau du Secours Catholique à s’engager au même titre qu’André. Jeunes diplômés, actifs ou retraités, ils mettent leur temps libre et leurs compétences à disposition des familles en situation de précarité. Leur mission n’est pas seulement une réussite éducative : l’accompagnement scolaire est également un moyen d’ouvrir de nouveaux horizons aux jeunes.

L’accompagnement peut prendre différentes formes, selon les délégations : il peut être individuel et à domicile, comme c’est le cas pour Amaury, bénévole de Caritas Alsace. Cet ingénieur de 28 ans accompagne, depuis février dernier, un jeune en classe de troisième. Cette année, il continuera à se rendre chaque samedi chez lui et, pendant deux heures, essaiera de désacraliser les mathématiques qui représentent un vrai blocage pour cet élève.

L’accompagnement peut aussi être individualisé et avoir lieu dans des locaux mis à disposition par des municipalités, comme l’explique Annie, bénévole à Saint-Médard-en-Jalles, en Gironde, depuis une dizaine d’années : « Nous accueillons chaque mercredi après-midi une vingtaine d’enfants, du CP à la 3e, pour autant d’accompagnants. Chaque enfant a un bénévole référent qui est chargé de le suivre particulièrement. »

L’accompagnement peut enfin être collectif, directement dans les locaux du Secours Catholique. C’est le cas à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) où, tous les mercredis après-midi, pendant deux heures, huit bénévoles, dont André, s’occupent de l’accompagnement scolaire d’une vingtaine d’enfants, là aussi du CP à la 3e : « L’accueil se fait toute l’année, mais c’est mieux de venir à la rentrée ; et nous demandons aux enfants de signer une charte de régularité », explique-t-il.

D’AUTRES FORMES DE PÉDAGOGIE

« On fait un peu ce qu’ils font à l’école, mais ce n’est pas tout à fait pareil, continue André. L’aide aux devoirs permet de cadrer l’enfant, mais on fait aussi des jeux, qui sont une autre forme de pédagogie. »

Les trois bénévoles sont unanimes : leur mission va au-delà du simple accompagnement. Annie insiste : « Il ne s’agit pas juste de faire les devoirs, c’est aussi avoir un contact. C’est enrichissant pour les familles, souvent défavorisées. » Une notion confirmée par Amaury : « La famille où j’interviens est d’origine algérienne. Je pense que j’apporte une visite différente, autre que la famille ou la communauté algérienne, une ouverture sur l’extérieur. » Pour André, il est touchant de voir que « certaines familles sont contentes de sentir que quelqu’un s’occupe de leurs enfants, de leurs soucis ».

Geoffrey Bonnefoy
Crédits photos: © Sébastien Le Clezio / Secours Catholique-Caritas France

Rentrée scolaire : retrouver le goût de l’école en jouant

Témoignage

Depuis une quinzaine d’année, les bénévoles de la délégation du Secours Catholique du Rhône ont mis en place un accompagnement à la scolarité à domicile et basé sur le jeu. Une méthode qui rencontre un certain succès et inspire des délégations de toute la France.

Shukru, 8 ans, avait un problème avec l’écrit. Mais il était passionné d’ordinateur et de Pokemon. « Comme je n’y connaissais rien, je lui ai demandé de me raconter l’histoire… Il m’a imprimé des pages et des pages. Certes, truffées de fautes, mais il les avait écrites ! À partir de cela, on a pu travailler. »

Françoise Levoir fourmille d’exemples de ce genre. Orthophoniste, psychomotricienne et bénévole au Secours catholique, elle est l’auteure de Jouer pour réussir. Ce livre est issu de l’expérience accumulée depuis 15 ans dans la délégation du Secours Catholique du Rhône, où Françoise Levoir est la référente pour l’accompagnement à la scolarité de l’équipe d’animation territoriale Lyon Est. Elle en a témoigné déjà auprès de 26 délégations de toute la France.

« À Lyon, l’accompagnement se faisait autrefois à l’école. Nous avons transformé nos méthodes. » Privilégiant les familles en difficulté socio-économique, l’accompagnement est devenu individuel et mené au domicile des enfants. Il s’est aussi départi de l’aide aux devoirs au profit d’une approche globale.

C’est dans ce cadre que Françoise Levoir a introduit les méthodes ludiques. Des jeux d’orientation, aux phrases à trous en passant par le Scrabble ou les dominos, son livre recèle de jeux autour de l’éveil de l’enfant, de la lecture et des mathématiques. Mais, au-delà des jeux estampillés, tout peut être prétexte à jouer.

Premier objectif : redonner le goût d’apprendre à des enfants qui sont en situation d’échec. « Le jeu réintroduit le plaisir. Or, là où l’on éprouve du plaisir, on peut réussir. Dans le cas de Shukru, je suis parti du domaine où il se sentait en confiance afin de l’amener dans ce domaine de l’écrit qui l’effrayait. Le plaisir motive, facilite la concentration et la mémorisation, il change le rapport au savoir et rend l’enfant actif et impliqué. » Plutôt qu’un enseignant, l’accompagnateur devient un partenaire, à égalité avec l’enfant.

AUTONOMIE ET DISCIPLINE

Selon Françoise Levoir, le jeu transmet aussi directement des compétences : « À l’école, on ne demande pas aux enfants de tout savoir mais d’avoir de l’autonomie et de la discipline. C’est précisément ce que développe le jeu, où il apprend à observer, associer des idées, prendre des initiatives, anticiper… ».

José Juan, accompagnateur et co-responsable des bénévoles du 6e arrondissement de Lyon, en fait l’expérience depuis deux ans avec Déreck, 14 ans, en difficultés en mathématiques. « C’est Déreck qui a proposé de jouer aux échecs, où il s’estimait bon joueur. En allant et venant entre les maths et les échecs, il a compris les notions de géométrie : le fou se déplace en diagonale, la reine en angle droit… Comme il les avait observées par lui-même, il était capable d’appliquer ces notions dans un exercice. »

Dans le 6e arrondissement, José Juan anime avec Bernard de Rivière une équipe de 35 bénévoles qui suivaient en juin 47 élèves - dont 32 garçons. gés de 6 à 12 ans au départ, ils sont accompagnés pendant deux ou trois ans. « Beaucoup de logements sociaux ont été construits dans le quartier et le bouche à oreille fonctionne bien, explique Bernard de Rivière. Nous avons dû constituer une liste d’attente car le nombre d’enfants progresse plus vite que celui des bénévoles. »

Ces bénévoles, majoritairement des femmes à la retraite, sont formés par la délégation et le Centre de ressources enfance famille école (Crefe) avant d’être présentés à la famille. « Aller dans les familles aide à recréer un climat de travail là où les enfants avaient l’habitude d’abandonner leur cartable au profit de la télévision, souligne Françoise Levoir. Et nous sommes plus proches des parents pour les conseiller et les impliquer. »

Une relation de qualité dont témoigne Nekhla Moufok, mère de trois filles entre le CE1 et la 6e. « Corinne, l’accompagnatrice, vient deux fois par semaine pour mes trois filles depuis janvier. Elle est dévouée et très complice avec elles, elle les pousse à faire des efforts, et quand elles travaillent : ça va mieux. » Nekhla Mouffok a demandé à poursuivre l’accompagnement. « Idéalement, cela prend fin lorsque nous sentons que l’enfant est autonome, conclut Bernard de Rivière. Nous ne sommes pas là pour les assister mais pour leur donner des outils, révéler leurs capacités et leur montrer qu’ils peuvent s’en servir. »

Adrien Bail
Crédits photos: © François Destoc/Le Télégramme/Photo PQR

Florian, Ouafa et tous les autres vers la réussite !

Reportage

Ces enfants n’ont pas baissé les bras face à leurs difficultés. Avec le soutien de bénévoles dévoués du Secours Catholique, ils ont gagné en confiance. Rencontre.

© Secours Catholique / Getty Images - Chad Liddell / Maxyma 2019